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La qualité web : accessibilité, ergonomie ou contenus ?

La qualité web, ce n’est justement pas que l’ergonomie, l’accessibilité ou les contenus… Le modèle VPTCS d’Elie Sloïm embarque d’autres thématiques et résume bien ce qu’est la qualité web. Sa traduction en référentiels et outils est compilée dans un excellent livre : Qualité web – les bonnes pratiques pour améliorer vos sites.

J’ai longtemps hésité pour le titre de cet article puisqu’il concerne principalement le livre cité dans l’introduction et que je viens de lire pendant les vacances. Logiquement, il aurait dû simplement reprendre le titre, ses auteurs, le tout assorti d’un « mon opinion sur ».
Après quelques hésitations, le titre actuel s’est imposé en écho aux multiples discussions avec des clients à l’heure de rédiger un cahier des charges lors de projet de création ou refonte de site mais aussi aux négociations avec les développeurs et intégrateurs de contenus.

le livre qualité web - bonnes pratiques pour améliorer vos sites d'Elie Sloïm

La qualité web, c’est quoi ?

Posez la question autour de vous et vous verrez que les réponses sont très variables.
Il y a un an, c’était pour moi un mélange variable de :

Accessibilité, en particulier pour les sites institutionnels ou d’administration. Dans ce cas, le référentiel est bien identifié, il s’agit du RGAA (Référentiel Général d’Accessibilité pour les Administrations)

Ergonomie, en lien avec l’UX (Expérience Utilisateur). Et là, malgré les travaux de Jakob Nielsen, ce n’est pas évident de s’entendre avec les développeurs, intégrateurs web et graphistes. Se mettre à la place de l’utilisateur ne suffit pas toujours pour justifier telle ou telle décision en termes de design, d’architecture et de conception.

Contenus. Forcément, en tant que référenceur, des contenus de qualité, ça va de soi ! Ecrire pour les utilisateurs du site d’abord tout en distillant savamment des mots clés pour les robots des moteurs de recherche… Google écrit même quelques lignes destinées aux webmasters à propos de la qualité.

Pas évident alors de rédiger un cahier des charges qui intègre la qualité avec ces trois notions.

La définition de la qualité web et la révélation du modèle VPTCS

J’ai eu la chance d’assister à une conférence intitulée « Mégalomanie et qualité web – tout ce que j’ai à apprendre à Google » d’Elie Sloïm lors du SEO Camp de Lille en décembre 2014.

Pourquoi parler de qualité web à des référenceurs ? Je partage totalement le point de vue d’Elie lorsqu’il dit « ce qui améliore la qualité web aura tôt ou tard des bénéfices en termes de SEO » autrement dit en termes de positionnement.

Le métier de référenceur va-t-il évoluer vers celui de qualiticien web comme il l’affirme, c’est un autre débat.

Toujours est-il que je me sentais souvent en marge d’une prestation de référencement naturel lorsque j’établissais des recommandations dans le but d’améliorer l’ergonomie ou l’architecture des contenus. De même, il n’était pas évident jusqu’à présent de justifier la légitimité des recommandations. Pourquoi ? Parce qu’il manquait une sorte de cadre normatif.

Donc, lors de cette conférence, Elie reprit la définition suivante, qui date de 2004 : « La qualité web représente l’aptitude d’un service en ligne à satisfaire des exigences implicites et explicites ».

Puis il présenta son modèle VPTCS (2001) :

Visibilité : être rencontré par ses utilisateurs potentiels
Perception : être utilisable et correctement perçu par ses utilisateurs
Technique : fonctionner correctement
Contenus : délivrer de l’information de qualité
Services : proposer, accompagner, générer la réalisation de services de qualité

Le modèle qualité web VPTCS par Elie Sloïm et Eric Gateau

Le modèle VPTCS – infographie de Delphine Malassingne

Avec ce modèle tout est dit ou presque. On voit bien que les cinq rubriques couvrent de nombreux secteurs ou métiers : référencement, ergonomie, accessibilité, sécurité, rédaction, hébergement, e-commerce, relation client, web design…

De même, ce modèle concerne non seulement le site lui-même ou ce qui se passe lors d’une visite sur le site mais aussi ce qui se passe avant (être visible donc trouvé) et ce qui se passe après (livraison d’une commande sur un site e-commerce par exemple).

Comment évaluer, mesurer et manager la qualité web ?

Outre le modèle VPTCS, Elie Sloïm est aussi l’auteur de nombreux référentiels dont les bonnes pratiques Opquast Qualité Web.

Il « suffit » donc de travailler à partir des référentiels pour par exemple :

  • auditer un site existant
  • suivre la production en cours d’un site
  • anticiper et formaliser les objectifs qualité du site dans le cahier des charges

Un livre indispensable : qualité web – les bonnes pratiques pour améliorer vos sites

Elie Sloïm fait sans surprise partie des auteurs de cet excellent ouvrage qui date de 2012. Outre la création de référentiels, il assure la direction du projet Opquast (Open Quality Standards depuis 2004). Il est aussi président de la société Temesis.

Très pédagogique, le livre se compose de trois parties :

La première partie regroupe 217 fiches pratiques Opquast pour la qualité web. Ces fiches sont basées sur 217 règles qui ont fait consensus après discussion publique au sein d’une communauté de professionnels.
Les règles vont du code aux contenus en passant par le e-commerce, les formulaires, les hyperliens, la navigation, les performances, etc.

Exemple de fiche bonne pratique du web
La deuxième partie aborde la définition de la qualité web, les méthodes pour gérer la qualité web, les différents usages possibles des référentiels. Elle propose également des lignes directrices pour la conduite d’audit de sites web déjà en ligne ou de sites en cours de production.
Enfin, elle incite à piloter la qualité web dès la rédaction du cahier des charges.

La dernière partie constitue les annexes. Elle contient des check-lists et une liste d’outils pratiques.

Mon humble avis

Je recommande vivement l’achat de ce livre. Il devrait figurer dans la bibliothèque de toutes les agences web en restant toujours à portée de main. Il est très facile de consulter une fiche de bonne pratique en cours de réunion de projet.

Je trouve confortable de pouvoir m’appuyer sur le consensus qui a conduit à l’adoption de telle ou telle règle pour exiger son application. Ce n’est plus un délire personnel BeVisible mais bien une bonne pratique validée par plusieurs professionnels du web.

Ce livre confère un aspect normatif aux règles, ce qui va indéniablement améliorer la qualité des sites petit à petit, à condition que sa diffusion augmente.

Pour maîtriser le sujet de la qualité web, achetez donc le livre !

La question qui demeure : qui est responsable de la qualité web ?

En théorie, il y a bien le qualiticien web ou responsable qualité web. En pratique, à part lors d’un appel d’offre d’une administration, je n’ai jamais rencontré ce profil dans une équipe projet.

Dans les agences, c’est finalement souvent le chef de projet qui remplit ce rôle. Grâce aux checklists Opquast Website et aux outils associés, il dispose des référentiels et des outils pour piloter la qualité des sites internet.

Agence ou indépendant, il reste l’opportunité d’obtenir une certification Opquast pour valider les compétences. La certification s’obtient – ou pas – après un test sur 1000 points dont l’objectif est de vérifier le niveau de maîtrise des meilleures pratiques du web.

Autrement dit, non seulement vous êtes certifiés mais la note obtenue permet de situer votre niveau.